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La réforme 2018/2019

Préparée depuis une dizaine d’année, une grande réforme nationale des filières arts appliqués et des métiers d’art du supérieur est annoncée par le ministère de l’éducation nationale pour la rentrée 2019 ! Pour bien comprendre ses objectifs et ses modalités, l’atelier d’Arts Appliqués, qui défend les diplômes d’Etat depuis sa création, vous en détaille les enjeux de manière objective et complète (onglets ci-dessous).

Ce qu’il faut en retenir : les grandes lignes de la réforme
– une valorisation de la MANAA, qui fusionne avec les deux années supérieures (BTS ou DMA) pour former un nouveau diplôme, le DNMADE (Diplôme National des Métiers d’Arts et de Design, dans le public), le DDC (Diplôme en Design & Communication, à l’atelier d’Arts Appliqués), de grade licence
– une ouverture européenne avec une plus grande mobilité possible avec l’équivalence licence
– un décloisonnement des enseignements, déjà en place à l’atelier d’Arts Appliqués depuis plus de 5 ans, avec un diplôme plus transversal entre les domaines (les écoles publiques conserveront néanmoins des mentions au DNMADE selon les ressources propres de chaque établissement : espace, objet, graphisme, numérique, textile, matériaux, événement…) A l’atelier d’Arts Appliqués, l’approche du DDC associe design et communication par l’image, comprenant ainsi : le graphisme, l’illustration, la typographie, l’édition et l’impression, la publicité, les médias et techniques numériques, la photo, la vidéo, le motion-design, le web et la scénographie
– la disparition des examens nationaux de fin de cursus avec le passage en contrôle continu tout au long de la formation en 3 ans
– la distinction public / privé, puisque cette réforme ne s’applique qu’aux seuls établissements publics pour permettre une meilleure adéquation avec la finalité professionnelle comme le font déjà certains établissements privés comme l’atelier d’Arts Appliqués tout en s’appuyant sur l’exigence pédagogique des référentiels d’Etat

Une application en 2 temps
Elle entrera en application partielle dès sept. 2018 dans quatorze académies à titre de test, dont l’île de France. Dans ces académies, les bache­liers de la ses­sion 2018 pour­ront pos­tu­ler pour ce nou­veau cursus en 3 ans, tandis que les étu­diants de Bac Pro, STD2A et MANAA, pour­ront accé­der pour la der­nière année aux DMA et aux BTS.
La réforme sera étendue au niveau national en sept. 2019 à tous les établissements. L’académie de Nantes ne verra ainsi la réforme s’appliquer qu’à la rentrée 2019.

 

Les diplômes d’Etat en arts appliqués sont reconnus pour leur exigence pédagogique et professionnelle. Ils sont proposés par les établissements publics et certains établissements privés. Si les établissements publics ont en moyenne des taux de réussite au-dessus des 90%, les taux de réussite des établissements privés sont quant à eux très variables, avec une moyenne nationale inférieure à 50%. Dans ces établissements privés commerciaux, les diplômes d’Etat ne sont considérés que comme un argument de communication et/ou un « produit d’appel » qui vise à rassurer les parents, sans que les moyens pédagogiques ne soient au rendez-vous par la suite, ni que la forte culture conceptuelle et créative de ces diplômes d’Etat ne soit réellement partagée. En conséquence, ces établissements ne diffusent pas clairement leur taux de réussite et préfèrent parler de « taux d’intégration professionnelle », avec des chiffres invérifiables et non-contrôlés. Ces mêmes établissements profitent aujourd’hui des interrogations légitimes du grand public sur la réforme pour diffuser une information partiale et créer une certaine confusion.

L’atelier d’Arts Appliqués est une école privée qui dès sa création, a fondé son approche pédagogique sur les diplômes d’Etat, et ce non pas par intérêt mais par évidence : son directeur Jérôme HOUADEC est diplômé des grandes écoles publiques (ENSAAMA Olivier de Serres, Lycée d’Etat de Sevres et l’Ecole des Arts Décoratifs) et a constitué une équipe enseignante professionnelle et pluridisciplinaire, également issue de ces mêmes écoles et partageant une culture, une sensibilité et une exigence communes. L’atelier d’Arts Appliqués est de plus parrainé par Brigitte LEGUAY, professeur agrégé dans l’enseignement public, fort de 40 ans d’expérience pédagogique et de formation d’enseignants. Ainsi le projet pédagogique de l’établissement associe le meilleur des référentiels nationaux à l’expérience professionnelle de l’équipe enseignante : avec pour maîtres-mots « humain » et « exigence » ; un enseignement à taille humaine, avec un suivi individuel des profils et un accompagnement, et une très grande exigence de travail.

La meilleure preuve de cette exigence pédagogique partagée entre le public et le privé, est que l’atelier d’Arts Appliqués, en à peine 6 ans d’existence, a placé de nombreux étudiants en poursuite d’études dans de prestigieuses écoles publiques extrêmement sélectives après leur cursus à l’atelier : par exemple Louise CORMIRAN à l’École Estienne à Paris, Paul JUDIC à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à Paris… et des étudiants dans les principaux DSAA à La Souterraine, Marseille, Rennes…

Après la réforme, l’atelier d’Arts Appliqués poursuivra donc avec la même culture de l’exigence à transmettre ses savoirs : savoir-faire, savoir-penser, savoir-être, dans le nouveau cadre défini par le ministère.

Les formations en Arts Appliqués sont en France, regroupées en deux grandes filières : celle du design et celle des métiers d’arts. Ces filières sont organisées en cycles d’études de 2 à 4 ans après une année fondamentale et préparatoire obligatoire : la MANAA (Mise à Niveau en Arts Appliqués).

La MANAA permet ainsi d’entrer ensuite dans un BTS Design (avec options : mode, produit, espace, graphique…) ou dans un DMA – Diplôme des Métiers d’Arts (avec options : vitrail, céramique, métal…), de niveau bac. + 2.
En poursuite d’études, un DSAA – Diplôme Supérieur en Arts Appliqués, de niveau bac. + 4, est possible (avec options : typographie, espace, édition…).

Les DMA et les DSAA sont proposés par les seuls établissements publics.
Des MANAA et des BTS Design sont proposés par les établissements publics, mais aussi
par certains établissements privés, centres de formation préparant aux diplômes d’État. Ces établissements devant répondre à un cahier des charges et à des référentiels pédagogiques nationaux. Le haut niveau d’exigence demandé par ces examens d’État, reconnu par le monde professionnel, permet une comparaison objective des établissements via leur taux de réussite.

l’atelier d’Arts Appliqués, depuis sa première promotion, se situe au niveau des meilleures écoles nationales, avec une moyenne de 95% de réussite au diplôme d’État (dont 4 promotions à 100% en 2013, 2014, 2016 et 2017).

Les métiers et carrières créatives ont évolué. Aujourd’hui, la French Touch est reconnue au niveau mondial dans nombre de domaines artistiques et créatifs. Les profils des concepteurs et des designers sont de plus en plus polyvalents, associant différentes compétences : un designer de mode dessine également le logo de sa marque, développe des accessoires, pense le décor et l’habillage sonore de son défilé, dirige le shooting photo de ses modèles… un graphiste réalise des images autant pour la publicité que pour l’édition, mêlant illustration traditionnelle et numérique, du logotype à l’affiche, en passant par la vidéo et le motion-design…

 pour plus de transversalité
Cette évolution du métier de designer entraîne une remise en question du «cloisonnement» défini par les nombreuses options et spécialités des diplômes actuels.

pour plus de mobilité
Spécificité française, les BTS et les DMA, de niveau bac. +2 ne facilitent pas les échanges dans le système LMD au niveau européen (Licence – Master – Doctorat).

pour plus de reconaissance
L’année de MANAA n’est actuellement pas validée par un diplôme et reste pourtant obligatoire dans le cursus, soit 3 ans de formation pour un diplôme bac. +2 seulement.
La réforme a pour objectif de corriger ces incohérences et de renforcer la dimension professionnelle de ces formations.

pour faire des économies (pour l’État)
Le coût des études pour un étudiant en Arts Appliqués dans les filières publiques étant très important en locaux, matériels, encadrement pédagogique… (environ 15 000€ par an / étudiant), les établissements publics sont rares et l’état n’en ouvre pas de nouveaux malgré la forte attractivité pour ces filières par les étudiants bacheliers.

Un exemple : dans la région Grand Ouest, pour la lière design graphique, il n’existe que 2 établissements publics (à Montaigu et à Angoulême) et 1 établissement privé sous contrat d’État (à Quimper). Aucune section publique n’existe à Nantes ou Angers. Ce sont donc les établissement privés qui offrent une opportunité aux étudiants de pouvoir suivre ces lières, à des coûts bien inférieurs (5 500€ l’année en moyenne).

Aussi les établissements privés qui préparent aux diplômes d’État en Arts Appliqués, forment leurs étudiants selon les référentiels d’État, qui passent au final l’examen dans les mêmes conditions que les étudiants du public (mêmes épreuves nationales, mêmes jurys), comme c’est le cas pour les lycées publics et privés qui préparent au baccalauréat.

Devant le manque de places ouvertes dans les sections publiques, de nombreuses écoles privées présentent chaque année leurs candidats à l’examen organisé par l’état, entraînant un coût important pour l’organisation, le déroulement et la correction des épreuves. Le second enjeu non-dissimulé de la réforme, au-delà des bénéfices pédagogiques, est aussi de faire l’économie de ces coûts d’examen nationaux annuels qui seront donc supprimés.

Deux décisions accompagnent cette suppression :
– l’évaluation du DNMADE sera dorénavant réalisée en interne dans chaque établissement public (contrôle continu, épreuves…), sous l’égide des facultés pour assurer le grade licence ;
– conséquence directe, les établissements privés ne pourront pas quant à eux préparer à ce DNMADE mais proposeront des diplômes équivalents.

Une remise à plat complète du système dans le public :

La MANAA, les BTS Design et les DMA (toutes options confondues) et les DSAA sont donc réorganisés et simplifiés : la MANAA, les BTS et les DMA fusionnent en un seul nouveau diplôme national des métiers d’art et du design (DNMADE) qui sera doté d’un grade licence, donc d’un niveau bac. +3. Les DSAA quant à eux basculent en grade master, à niveau bac. +5.

et à l’atelier d’Arts Appliqués ?
À l’atelier d’Arts Appliqués, la MANAA et le BTS Design Graphique fusionnent en un nouveau diplôme de niveau bac. + 3, le DDC – Diplôme en Design et Communication.
Le DSDC – Diplôme Supérieur en Design et Communication, de niveau bac. + 5, reste lui inchangé et s’articule en continuité du DDC.

Une partie seulement des académies est concernée pour la rentrée de sept. 2018 au titre de l’expérimentation, pour une application étendue au niveau national à toutes les académies en 2019.

La liste définitive des académies concernées pour la prochaine rentrée sera publiée début janvier. À ce stade, l’académie de Nantes dont nous dépendons ne s’étant pas portée candidate, la MANAA et le BTS Design Graphique seront donc maintenus à la rentrée de sept. 2018.

Les étudiants de l’atelier d’Arts Appliqués engagés en année 1 de BTS Design graphique en sept. 2018 sont donc assurés de poursuivre leur cursus en année 2 en 2019 et de passer l’examen national. Ils seront la dernière promotion de BTS diplômée.

Elle conserve son rôle d’année initiale, mais n’est plus indépendante ; elle fusionne avec les 2 années de spécialisation suivantes pour former un nouveau diplôme : le DNMADE – Diplôme National des Métiers d’Arts et du Design (dans le public), et le DDC – Diplôme en Design et Communication, à l’atelier d’Arts Appliqués.

Cette première année de cursus devient obligatoire pour tous les bacheliers quelle que soit leur spécialité (la passerelle pour les bac. STD2A notamment disparaît). Elle conserve un objectif pédagogique d’introduction et d’initiation aux fondamentaux conceptuels, artistiques, techniques et théoriques aux métiers créatifs, ancrée dans la pratique et le savoir-faire professionnels.

Année 1 du DDC – Diplôme en Design et Communication, à l’atelier d’Ar ts Appliqués, elle reste donc ouverte sur les différentes compétences du design (mode, espace, objet et graphisme). Année d’orientation, de consolidation et d’acquisition des fondamentaux, elle conserve ainsi son rôle de tremplin et de passerelle vers différentes spécialités en année 2.